16 Juillet 2012
Pour la plupart des femmes, devenir mère est quelque chose de grand, de génial. On est enceinte, on a un bébé, on est super heureuse. Tout le monde vient nous voir à l'hosto ou à la maison. Junior reçoit pleins de cadeaux. C'est le pied. Puis, les semaines passent, l'euphorie et les gens des premiers instants disparaissent et on se retrouve de plus en plus seule avec le mioche. Et là, c'est moins drôle. C'est moins drôle parce que c'est dur, c'est moins drôle parce que c'est épuisant et qu'à force d'être épuisée, ben notre cerveau, il tourne moins rond.
Il tourne moins rond et tout à coup, il est possible de se mettre à avoir des pensées bizarres, malsaines à propos de notre bébé. Par exemple, lorsqu'il est dans nos bras, on se dit qu'on pourrait très bien le lâcher et on panique. On panique d'avoir eu cette pensée.
Si c'est votre cas et qu'elle revient c'est que vous faites partie du club des femmes qui ont des phobies d'impulsion.
Les phobies d'impulsion, c'est avoir peur de faire intentionnellement du mal à son bébé. Peur qui découle du fait d' accorder de l'importance à ces pensées car accordez de l'importance revient à penser plus et penser plus à leur accorder plus d'importance. C'est un sale cercle vicieux.
Selon votre degré d'anxiété, il peut même vous arriver de croire que vous pourriez commettre l'irréparable. Vous vous demandez ce qui vous sépare des mères infanticides dont on entend trop souvent parler à la télé.
Mères honteuses (je dis honteuses parce que généralement, on n'est pas très fières d'avoir de telles pensées), aujourd'hui, j'ai fait une découverte: une chose n'a rien à voir avec l'autre.
En règle générale, les mères qui tuent leurs enfants sont en super dépression. Elles sont convaincues que la vie est nulle et qu'elles et leur progéniture seraient mieux six pieds sous terre, plutôt que dans un monde pourri jusqu'à l'os, où il n'y a pas de solution. Elles sont devant un mur. Les couleurs n'existent pas pour elles, tout est soit blanc, soit noir. Elles sont écrasées par la douleur et le poids de cette douleur les aveugle.(J'essaye de ne pas trop caricaturer mais c'est pas évident lorsque, grâce au ciel, on n'est pas soi-même dans le cas).
En revanche, en ce qui concerne les mères victimes de phobies d'impulsion, elles ne sont pas nécessairement dépressives et surtout, elles n'ont pas envie de mettre fin à la vie de leur enfant. Elles ont des pensées bizarres où elles se voient faire du mal à leur progéniture mais font tout pour qu'elles ne se matérialisent pas en allant même pour certaines jusqu'à éviter de toucher leur enfant pour le protéger ( ce qui soit dit en passant, peut avoir des conséquences néfastes sur le tout petit à qui l'on ne donne pas la sécurité dont il a besoin). C'est pas la panacée, non plus, mais ça n'a rien à voir et en plus, c'est "facilement résoluble". Comment? Comment stopper ce cercle? En s'entraînant à ne plus y penser. Concrètement, à stopper la pensée chaque fois qu'elle arrive, en se disant que ce n'est qu'une pensée et que ce n'est pas la réalité. En l'écrivant 1000 fois d'affilée, si cela s'avère nécessaire. L'important est que ça pénètre bien votre cerveau.
En gros, c'est ça.
Ma petite expérience de maman me permet de dire que l'arrivée d'un enfant, bien que merveilleuse, n'est pas facile à gérer. Il y a un avant et un après et l'adaptation à cette nouvelle vie, avec ce nouveau petit être, prend du temps. C'est difficile de s'imaginer à quel point notre vie en est chamboulée avant de l'avoir vécu.
Avant d'être mère, je ne savais pas que ce genre de pensées pouvaient faire leur apparition. Je n'imaginais pas 1/3 du quart des changements et bouleversements qu'allaient produire l'arrivée de mon Wembley.
Aujourd'hui que j'en sais un tout petit peu plus, je pense qu'avant tout, il faut se faire le plus confiance possible , arrêter de culpabiliser quand on a fait une bêtise et se répéter chaque jour que bien qu'imparfaites, nous sommes de bonnes mères. C'est pas énorme mais c'est déjà pas mal