21 Mai 2012
Quand j'étais enceinte, cette question était constante. Je croyais bêtement que je ne savais pas bien aimer, qu'il n'y avait plus assez de place dans mon coeur et pleins d'autres conneries du genre...
Hier, pourtant, alors que j'allais dire à Wembley pour la énième fois de la journée que son futur boulot serait "directeur du bureau des plaintes" (Il a été particulièrement infernal), il m'a fait un sourire de ceux que j'interprète comme "Oh, maman, je suis si content de te voir" et j'ai craqué, comme d'habitude. J'ai alors repensé à notre séparation pendant les vacances, à la peur que j'en avais et à mon refus d'y penser (merci à un site et à une "team" très spéciale qui se reconnaîtrera, j'ai réussi à rester à l'instant présent). Je me suis souvenue du moment du départ, lorsque ma maman m'a suggéré de prendre de nouvelles photos de Wembley sur mon gsm (portable pour les Français), les dernières étant vieilles de deux mois déjà.
Je me suis souvenue les avoir regardé à chaque fois que j'avais un moment. Elles étaient trois. Dans la première, Wembley avait une tête de petit innocent, dans la deuxième, il avait la mine triste et dans la troisième, il faisait le malin. C'est celle-là que j'ai choisi de mettre comme fond d'écran, les deux autres brisant mon coeur de nunuche de maman.
A Gibraltar, je me suis demandée s'il aimerait marcher à côté des singes ou si l'en aurait peur.
A Ronda, c'était l'excursion en pleine nature qui me posait question.
A un moment donné, vers la fin, je voulais rentrer au plus vite pour rejoindre mon petit. Peut-être parce que le principal était fait, sûrement parce que Wembley me manquait trop.
Quoi qu'il en soit, je n'ai rien fait pour accélerer le retour. J'ai tenu et jusqu'à la fin, j'ai douté de pouvoir y arriver.
Je l'aurais bien pris avec, mon Wembley, bien sûr, mais à quatre mois, à peine, je savais que ce n'était pas raisonnable et puis, j'avais besoin de cette coupure. Je l'ai déjà dit.
Je crois, j'en suis convaincue, qu'il est bon de pouvoir se séparer de ses enfants dès le plus jeune âge. Pas longtemps mais quelques jours, du moins, parce que, comment dire, être trop possessive avec ses enfants, cela ne donne généralement pas de bons résultats. Ce n'est ni bon pour les mômes ni pour les mamans. Il faut, à mon sens, faire en sorte d'être autre chose qu'une mère. C'est le rôle le plus important, oui, mais ma vie, je ne veux pas qu'elle se résume à la maternité. Quant à mon fils, j'ai envie qu'il soit indépendant, qu'il soit capable de vivre sans moi, je serai malheureuse d'avoir un enfant fourré dans mes jupes. Je vois tellement de gens qui, à l'âge adulte, ne sont pas capables de réfléchir par eux-mêmes ou de vivre pour eux et qui ne s'en rendent même pas compte, que ça me fait flipper . Alors s'il faut souffrir et m'en séparer de temps en temps pour qu'il soit autonome et épanoui, je me sacrifie et je le fais ! C'est tout.
Il va sans dire que le petit bonhomme sur la photo n'est pas mon fils. Ok, je rigole....ouuuuh