7 Octobre 2011
Non, je ne vais ni vous parler d'une bière ni d'un bar irlandais, mais plutôt d'un test qu'on fait subir aux femmes enceintes vers le sixième mois de grossesse pour contrôler leur taux de sucre.
En fait, il s'agit de boire une solution composée de 50gr de glucose mélangée à 30 cl d'eau et de garder le tout pendant une heure dans son corps. Autant vous le dire tout de suite, c'est super ardu. Surtout qu'il faut être à jeun et qu'au bout d'une heure, si vous avez tenu le coup et pas tout vomi, on vous fait une prise de sang pour déterminer si oui ou non, vous souffrez de diabète gestationnel...
Bref, pourquoi je vous parle de ça? Ben, parce que ce test, je l'ai subi (j'insiste) hier dans des conditions qui m'ont semblées particulières et que je voudrais avoir vos réactions.
Bon déjà, pour que vous ayez tous les éléments, je vous préviens:pour moi être à jeun, c'est déjà la mer à boire, se lever aux aurores aussi (vaut mieux pas essayer de m'imaginer lorsque je dois prendre un avion à 6h du mat') et pour couronner le tout, à 6 mois de grossesse, je souffre toujours de nausées.
Donc voilà, j'arrive un peu après 8 heures, fais la file et après 55 minutes (peux pas trop me plaindre, j'avais pas pris rendez-vous), une infirmière sympa mais pas à l'aise, m'emmène dans une salle pleine de femmes enceintes qui viennent pour la même chose que moi et d'un homme qui avait, si j'ai bien compris, un problème de coagulation.
Moi qui suis hyper impressionnable, je me sens mal en voyant des seringues dépasser des bras de certaines femmes, le chariot de tortures qui bouge d'un endroit à l'autre, le gars qu'on vient piquer toutes les cinq minutes mais je fais la forte et me dis que, de toute façon, il n'y en a que pour une heure...
Donc, l 'infirmière me donne la fameuse solution que je bois au plus vite, tellement c'est pas bon et elle lance le chrono (espèce de minuterie).
Le premier 1/4 d'heure, ça va plus ou moins, je lis un peu, envoie un sms à mon compagnon et puis, tout à coup, la nausée me surprend. Je me couche, me dit que c'est dans ma tête, sauf que ça ne passe pas et qu'en prime, je commence à avoir des sueurs froides.
L'infirmière vient, me demande si ça va. Je suis livide. Elle appelle du renfort, prend ma tension. Deux autres infirmières arrivent, me relèvent les jambes, me demandent de me coucher sur le dos et enfin, je reviens à moi. Ouf, le pire est passé. Je précise que si j'avais vomi à ce moment-là, le test aurait été foutu et j'aurais pu revenir le lendemain, en l'ocurrence aujourd'hui.
Malheureusement, 15 minutes plus tard, le même scénario se reproduit, je refais une seconde chute de tension et là, panique à bord, l'infirmière perd les pédales! Elle veut m'envoyer en urgences ou que je vomisse...Oui, oui, vous avez bien compris. Heureusement pour moi, l'une des deux autres infirmières qui semble en avoir vu de toutes les couleurs, revient et prend la situation en main. Elle dit à l'infirmière paniqueuse qu'il vaut mieux essayer de me laisser encore un peu tranquille, histoire de voir si je résiste et qu'elle va rester pour l'aider à s'occuper de moi et des autres patients sauf que: manque de bol pour l'infirmière paniqueuse, voilà qu'une autre femme fait un malaise et vomit directement. C'est le chaos total car pendant ce même temps, je fais une troisième chute de tension. Cela dit, il paraît que je suis presque sauvée, mon heure est presque passée...Malgré tout, l'infirmière paniqueuse tient à se débarasser de moi. Elle continue à insister pour que je n'essaye pas de résister à la nausée qui monte. L'infirmière courageuse intervient et essaye de l'occuper un maximum.
Finalement, mon chrono sonne et l'infirmière courageuse vient faire ma prise de sang. L'odeur de l'éther m'indispose et je craque. Je régurgite tout et là, c'est moi qui panique mais elle me rassure en me disant que je peux me laisser aller, que l'heure est passée et que, donc mon test est valable.
Elle ne veut pas me laisser sortir, cependant, à moins que quelqu'un vienne me chercher. Je suis seule et dérange ma pauvre maman, qui, elle débarque aussi vite que possible.
A votre avis, pourquoi je vous raconte ça ? parce que cet épisode m'a rendu perplexe: je ne m'explique pas comment on peut laisser une infirmière paniqueuse dans un service pareil. En effet, de sa propre bouche, j'ai appris que de nombreuses femmes ne supportaient pas ce test et je me dis qu'alors, elle devrait être habituée et ne pas paniquer. Si elle avait été très jeune, passe encore, mais cette femme avait facilement dans les 35-40 ans. Selon elle, c'est la faute des femmes enceintes qu'on ne peut pas toucher et qui se plaignent pour tout comme si elles allaient accoucher. Ce sont les termes qu'elle a utilisées pour se défendre face à l'infirmière courageuse. Heureusement que j'ai vite compris qu'elle avait un problème et que j'ai gardé mon sang-froid. Les chutes de tension, j'en ai déjà eu pas mal et je sais que même si c'est extrêmement désagréable, ce n'est pas dangereux.
N'empêche, depuis que je suis contrainte de re-fréquenter le milieu médical assez assiduement, je me rends compte que trouver quelqu'un de compétent pour vous prendre en charge, ça s'apparente, parfois, à un véritable parcours du combattant.
Une dernière chose avant de vous laisser: en fait, ce test horrible, ben, il n'est pas obligatoire...mais évidemment, ça, on se garde bien de le dire aux femmes, qui elles, veulent, en général, ce qu'il y a de mieux pour leur bébé en construction !